Le sens de l'humeur

27 mars 2013

Retour sur Angoulême

Publié par mitchul dans Sens of humeur

Bon, je ne partage pas les impressions quasi unanimes (que l’on peut lire sur certains sites, blogs et forums spécialisées) de ce qui serait le scandale de l’élection de Willem comme nouveau président d’Angoulême.

Il n’est pas inutile de préciser que Willem est un auteur de bande dessinée avant d’être ce dessinateur de presse reconnu. Il suffit de regarder sa bibliographie pour se rendre compte qu’il fait parti du paysage depuis fort longtemps (éditant chez Le Square, Albin Michel, Cornelius, L’Association ou Les requins Marteaux…).

Il fut également le rédacteur en chef du Charlie Mensuel durant quelques années, qui aura permis de faire découvrir de grands classiques américains (Krazy Kat, Lil’Abner…) ainsi que des auteurs d’avant-garde (Crepax, Pichard…). Sans oublier son rôle essentiel dans la découverte de « l’internationnale underground ». Patrimoine et avant-garde, ce sont les deux pôles entre lesquels se situe Willem.

Alors, effectivement, on peut être déçu de ne pas voir Alan Moore, Chris Ware ou Akira Toriyama élus (ce dernier a quand même obtenu le prix spécial 40ème anniversaire) et critiquer la nouvelle manière de faire des organisateurs (comme chaque année d’ailleurs, voire l’élection de JC Denis l’année dernière!), mais on ne peut pas dire que Willem ne mérite pas la place qu’on vient de lui attribuer, tant il est un acteur incontournable de la neuvième chose.

Je n’aime pas cette foire aux bestiaux qu’est devenu le festival d’Angoulême, permettant aux éleveurs-éditeurs de faire la promotion de leurs cheptels-auteurs et leurs produits maisons. Vouloir réunir des artistes aux horizons et pratiques si diverses (voir opposés, comme on a pu le constater entre les « mainstreams » et les « indés ») créera toujours de l’incompréhension quant au choix du nouveau grand prix (et rend d’ailleurs cette pratique totalement vaine et stupide). Il n’y a pas une, mais DES bandes dessinées. Et vouloir à tout prix réduire le neuvième art à son plus petit dénominateur commun n’a selon moi aucun sens.

C’est comme si on réduisait le septième art au festival de Cannes. Alors qu’il existe de nombreux festivals qui sectorise le Cinéma par genres, par formats, par origines (festival du cinéma indépendant, du court métrage, d’animation, fantastique, nordique, asiatique, etc…). On regroupe à chaque fois TOUTE la bande dessinée en un seul événement. Logique dans ce cas que de nombreux genres et artistes passent à la trappe ! 

Coté palmarès, pas grand chose à dire (Je suis tout de même satisfait de voir Benoit Peeters ou Anthony Pastor remporter un prix. Sans oublier le superbe travail des Rêveurs sur le Krazy Kat d’Herriman). Juste une interrogation : comment peut on prétendre déterminer les dix meilleures bandes dessinées de l’année 2012, qui compte environ 5500 albums édités (seulement en France !), dont plus de 4000 strictes nouveautés (voir le bilan 2012 de l’ACBD) !?

Mitchul

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Dessin réalisé par Clarke

5 janvier 2013

Bla bla bla…

Publié par mitchul dans Sens of humeur

Se revendiquer journaliste d’opinion est très tendance (voire les Polony, Pulvar, Naulleau, Zemmour and co). Qu’un journaliste assume la subjectivité de son point de vue, c’est une chose. L’objectivité en tant que tel n’existe pas. C’est une balise, ce vers quoi on doit tendre.

Ce que ne font pas les journalistes d’opinions, qui y vont sans complexes dans l’expression de leur raisonnement immédiat sur tel phénomène, donnant leur avis sur tout et surtout n’importe quoi, sans s’accorder le recul nécessaire (temporel, analytique…) pour dresser un diagnostic pertinent de la situation. Ce recul permet de dégager les affects, de dépassionner la reflexion. Tout l’inverse de ce que fait le journaliste d’opinion.

Un journaliste est-il là pour donner son avis, ou doit-il apporter à ses lecteurs tous les éléments leur permettant de se faire le leur ? Si les journalistes se revendiquent « d’opinions », je peux alors me revendiquer journaliste !

Ceux qui sont légitimes pour exprimer leurs opinions, c’est nous autres, bloggueurs et adeptent des reseaux sociaux. Car nous sommes désintéressés, non form(at)és et surtout, non rémunérés ! Mais les rôles s’inversent : les journalistes donnent leurs opinions personnelles et les internautes commentent l’actualité. Trop de journalistes puisent sans vergogne leurs infos sur internet, plutôt que de faire un vrai travail d’investigation.

Cette (im)posture journalistique est significative de notre époque d’immédiateté, où la télé-réalité prend le pas sur le reportage, où le banal devient grandiloquent, ou les petites préoccupations de l’intime se transforment en spectacle…

Mitchul

Bla bla bla... dans Sens of humeur opinion2

5 janvier 2013

Clichés sur la bande

Publié par mitchul dans Sens of humeur

Premier coup de gueule aussi futil qu’important.

J’ai lu l’interview de monsieur Eric Naulleau sur actu BD, qui m’a hérissé les cheveux ! Naulleau est l’un des journalistes d’opinions les plus influent du moment. Personnellement, j’aimais bien l’entendre à l’époque chez Ruquier et ai apprécié son ouvrage « Au secours, Houellebecq revient ! », dans lequel il dénonçait le système des réseaux d’influences dans le monde littéraire. 

Editeur, chroniqueur littéraire, écrivain, éditorialiste et présentateur tv, Naulleau a plusieurs casquettes, ce qui en faisait un chroniqueur intéressant et atypique, avant de devenir ce journaliste d’opinion omni-présent dans tous les média, donnant son avis ‘d’expert subjectif’ sur tout et n’importe quoi. Littérature, Cinéma, Théâtre, Musique (comme dans l’emission ça balance à Paris), mais aussi football, tennis, cuisine, broderie, toilettage de caniches nains (je crois) et… bande dessinée !

Ce qui m’agace dans cette interview, c’est qu’il y enchaîne les clichés les plus réducteur sur la bande dessinée : la bd est un art populaire, la bd est une lecture de jeunesse et la bd est une superbe madeleine pour quinqua nostalgique. Sans parler de son amour pour les éditions originales qui lui permettent de lire l’album ‘dans son jus’ et de son relatif désintérêt pour la bd contemporaine (qui pour lui, se limite au Blast de Larcenet).

Monsieur Nolleau, vous avez le droit d’exprimer vos pensés (ce dont vous ne vous gênez pas) mais si vous devez aborder le neuvième art, évitez de véhiculer ces images débiles. C’est comme si je disais que le Cinéma, c’était mieux avant avec les De Funès et Belmondo (que je conserve en VHS, puisse que ça me rappelle ma jeunesse) qu’avec les actuels Michel Audiard ou Gaspard Noé…

Tant que des journalistes d’opinions aussi influents que vous continuerons d’accumuler ces idées reçues, plutôt que d’apporter une analyse pertinente du médium, la bande dessinée n’en aura pas fini d’être considérée comme un simple loisir, et non pour ce qu’elle est : un Art.

Mitchul 

Clichés sur la bande dans Sens of humeur ricnollo001

Le camarade Grospatapouf a lui aussi réagit à cette interview, sur Comix Pouf

18 novembre 2012

Premier acte

Publié par mitchul dans Sens of humeur

Exprimer mes opinions sur tout et rien, sur des événements d’actualité ou des phénomènes de société, sur des choses futiles et fondamentales… Bref, fixer mes idées, avant qu’elles ne deviennent des idées fixes…

    Premier acte dans Sens of humeur av-71

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